Le Soundman: animal en «voix» d’extinction.

Avez-vous déjà fait de l’impro?

Moi oui et je peux vous dire que c’est assez angoissant. Vais-je être drôle, vais-je être en mix ou en solo, quel sera le thème? Je me rappelle du dernier numéro qui a mis fin à ma pseudo-carrière. Ç’aura au moins répondu à une question… Je ne suis pas tellement
drôle en live. Lol.

En septembre, on m’a proposé quelque chose de vraiment nice : occuper le poste de relationniste sonore au 3reg! Je fus vraiment touché par la proposition. Travailler à dénicher de nouveaux artistes dans le milieu musical et continuer d’encourager ceux bien présents pour les aider à réaliser une performance dans laquelle ils sont plongés dans un délai accompagné d’un thème! Seul problème, j’ai décidé d’être soundman en plusssss, ce qui fait que plus j’amène d’artistes, plus j’ai de job au niveau sonore. Mais je me suis dit que tout ça valait la peine, car après tout, à défaut d’être convaincant en impro, je pourrais peut-être me prouver que je peux toujours faire de l’impro sous différentes formes! Encore un petit hic, un fuck, un trôbubble ou un comme vous voudrez. À la place d’avoir une, 2, sinon 3 prestations, j’en ai en moyenne plus d’une quinzaine. Wow! Aussi simple soit-elle, comme une lecture par exemple, le soundman doit s’adapter en un temps record au style de la voix, à la position de la personne par rapport au micro, au mouvement devant les moniteurs, à l’amplitude de celui-ci, etc. Imaginez un groupe dont tout ce que vous avez entendu est un simple mp3.

Parenthèse :

L’oreille humaine entend de 20 à 20 000 hertz, ce qui fait approximativement 20 000 fréquences que notre cerveau peut détecter. Toutes ces fréquences se trouvent à subir une multitude de traitements et de changements par rapport à la source qu’ils soient électriques ou acoustiques. Ces fréquences rebondissent sur les parois des murs, elles sont absorbées par divers matériaux, certaines résonnent dû à la pièce et ainsi de suite. Lors d’une prestation, le travail du soundman est principalement de garder le signal à l’entrée de notre système auditif aussi représentatif que celui sortant de la source. Pour y arriver, le/la technicien/ne sonore devra jongler avec plusieurs paramètres et maitriser ceux-ci. Il n’y a aucun presets ni pilote automatique et il n’y en aura jamais. On serait-tu assez bien Saint-Sulpice! Voyez-vous? Non. C’est ça le live; une montée d’adrénaline digne d’une game de momie au parc. C’est ce qui nourrit certain, dont moi!impromus2 DSC_7671

Ce qui est difficile est d’être capable de gérer tout ce que je viens de vous mentionner me direz-vous? Non, surtout pas! Ça peut sembler une montagne de choses à penser, mais en réalité, il y a autre chose qui complique bien plus la donne. Une bête bien plus terrifiante que tous vos pires cauchemars. Une bête si grosse et terrible que je me demande comment a-t-elle pu passer par la porte! Oui oui, croyez-moi! Cette bête se nomme, « L’égo d’un artiste ». ÇA, c’est un contrat. Je vous dirais que gérer ça est pire que de gérer n’importe quel McDo pendant la sortie des bars. En effet, elle vous prend par surprise avec des expressions douteuses telles que, « pourrais-tu me mettre dans l’entrée 2 » ou « égalise le stage » live, devant 100 personnes qui écoutent attentivement. Il y en a aussi du genre « je veux que tout soit parfait », « ça feed!!! » et « je suis habitué, il faut que tu montes les chhhhh » alors qu’on n’a eu un gros 5 min de tests de son dans des conditions pas très idéales. Si j’étais le père de ce monstre dégoulinant d’ardeur, je lui dirais d’aller dans le coin pendant le dessert. Mais je peux comprendre, je suis musicien également. Ce stress que l’on vit avant de rentrer sur scène. On voudrait que les astres soient alignés. Dites-vous une chose; l’ombre derrière la console qui n’est seulement illuminée que lorsqu’on lui fait son procès veut la même chose. En effet, il ou elle n’est pas votre ennemie. Les Tech ne sont pas en contrôles de ce qui se passe sur la scène, c’est plutôt l’intermédiaire entre la scène et le public. Il arrive qu’on regrette d’avoir accepté tout ce bordel, car on est loin d’être une machine ou un fil conducteur contrairement à ce que la croyance populaire inflige.

Je n’essaie pas par là de faire taire toute critique à cet égard ni de vous prendre par la pitié. La critique, il n’y a rien là et la pitié, c’est un sophisme! La seule chose qui me dérange et qui arrive trop souvent dans ce métier sous-estimé est que trop de gens manquent de rigueur. Cette rigueur qui fait que tu peux bien débattre. Cette rigueur qui fait que tu ne ressembles pas à un animateur de radios poubelles. Cette rigueur qui peut souvent te donner raison. Et c’est en toute humilité que j’accepte et que j’accepterai chaque erreur que je ferai dans ce métier. Car oui, après tout, nous ne sommes pas parfaits et peut-être somme-nous tous un peu meilleur quand on prend le temps de construire nos idées que lorsqu’on improvise!

Alexandre Bédard

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